Droits de succession : ce que vous paierez vraiment
L'impôt sur l'héritage dépend d'abord de votre lien de parenté : de 0 € pour le conjoint à 60 % pour un tiers. Le mode d'emploi complet. · Mis à jour le 17 juillet 2026
Le calcul en trois étapes
Les droits de succession se calculent héritier par héritier, jamais sur l'ensemble de la succession : 1) on détermine votre part nette (après déduction des dettes du défunt) ; 2) on retire votre abattement, qui dépend du lien de parenté ; 3) on applique le barème au reste. Deux enfants héritant chacun de 90 000 € ne paieront donc rien (abattement de 100 000 € chacun), quand un neveu héritant de la même somme paierait plus de 45 000 €.
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Les abattements par lien de parenté (rappel des montants en vigueur)
| Héritier | Abattement | Ensuite |
|---|---|---|
| Époux / partenaire de PACS | — | Exonération totale |
| Enfant (ou père/mère) | 100 000 € | Barème progressif 5 % → 45 % |
| Petit-enfant | 1 594 € | Barème progressif 5 % → 45 % |
| Frère / sœur | 15 932 € | 35 % puis 45 % au-delà de 24 430 € |
| Neveu / nièce | 7 967 € | 55 % |
| Autre parent (4e degré max) | 1 594 € | 55 % |
| Non-parent (concubin compris !) | 1 594 € | 60 % |
S'y ajoute un abattement supplémentaire de 159 325 € pour l'héritier en situation de handicap l'empêchant de travailler, cumulable avec les précédents. Point crucial : ces abattements se reconstituent tous les 15 ans — les donations de moins de 15 ans les entament (c'est le « rappel fiscal »), d'où l'intérêt d'anticiper : voir notre guide donation de son vivant.
Le barème en ligne directe (enfants, parents)
| Part taxable (après abattement) | Taux |
|---|---|
| Jusqu'à 8 072 € | 5 % |
| De 8 072 à 12 109 € | 10 % |
| De 12 109 à 15 932 € | 15 % |
| De 15 932 à 552 324 € | 20 % (la tranche où tombe l'immense majorité des héritages) |
| De 552 324 à 902 838 € | 30 % |
| De 902 838 à 1 805 677 € | 40 % |
| Au-delà | 45 % |
Exemple concret : un enfant hérite de 250 000 €. Après l'abattement de 100 000 €, 150 000 € sont taxables → environ 28 194 € de droits (les premières tranches, puis l'essentiel à 20 %). Le détail tranche par tranche s'affiche dans notre simulateur.
Ce qui échappe (en tout ou partie) aux droits
Au-delà du conjoint et du frère/sœur cohabitant (voir FAQ) : l'assurance-vie (fiscalité propre, très avantageuse — voir FAQ), la pension de réversion (ce n'est pas un héritage : notre guide), le capital décès de la Sécurité sociale, les bois et forêts et parts de groupements forestiers (exonérés aux 3/4), les entreprises transmises sous pacte Dutreil (exonérées aux 3/4 également) et les monuments historiques ouverts au public. Autant de leviers qui se préparent — pas le jour du décès.
Et n'oubliez pas : les droits ne sont qu'une partie de la facture
Aux droits de succession s'ajoutent les frais d'actes du notaire (notoriété, attestation immobilière, déclaration) — un poste distinct, réglementé, souvent confondu avec l'impôt : détail complet dans frais de notaire d'une succession, et estimation chiffrée avec notre simulateur de frais de notaire.
Questions fréquentes
Qui ne paie AUCUN droit de succession ?
Le conjoint marié et le partenaire de PACS (loi TEPA de 2007) — attention, le partenaire de PACS doit avoir été institué héritier par testament. Également exonéré : le frère ou la sœur célibataire, veuf ou divorcé de plus de 50 ans (ou infirme) ayant vécu avec le défunt les 5 années précédant le décès.
L'assurance-vie est-elle soumise aux droits de succession ?
En principe non : elle suit sa propre fiscalité, souvent plus douce. Pour les primes versées avant 70 ans, chaque bénéficiaire dispose d'un abattement de 152 500 € (puis prélèvement de 20 %). Pour les primes versées après 70 ans, un abattement global de 30 500 € s'applique, puis les droits de succession classiques — mais les gains restent exonérés. C'est l'un des principaux outils de transmission.
Peut-on payer les droits en plusieurs fois ?
Oui, deux dispositifs existent sur demande à l'administration : le paiement fractionné (versements étalés, avec intérêts, sur 1 à 3 ans) et le paiement différé pour la nue-propriété (quand vous héritez d'un bien dont le conjoint survivant garde l'usufruit). Utile quand l'héritage est un bien immobilier sans liquidités.
Que se passe-t-il si on ne déclare pas dans les 6 mois ?
Un intérêt de retard de 0,20 % par mois s'applique dès le 7e mois, puis une majoration de 10 % à partir du 13e mois. La déclaration reste obligatoire dès 50 000 € d'actif en ligne directe (3 000 € pour les autres héritiers), même quand aucun droit n'est dû grâce aux abattements.
Dernière vérification : 17 juillet 2026. Ces informations sont générales et ne remplacent pas un conseil personnalisé (notaire, caisse de retraite, assureur). Sources officielles : Droits de succession (service-public.fr) · Calcul et paiement (impots.gouv.fr).
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