Donation de son vivant : transmettre plus, taxé moins
Chaque parent peut donner 100 000 € à chaque enfant tous les 15 ans sans un euro d'impôt — et ce n'est que le premier des leviers. · Mis à jour le 17 juillet 2026
Les abattements de donation (renouvelables tous les 15 ans)
| Bénéficiaire | Abattement | + Don d'argent 790 G* |
|---|---|---|
| Enfant | 100 000 € par parent | + 31 865 € |
| Petit-enfant | 31 865 € | + 31 865 € |
| Arrière-petit-enfant | 5 310 € | + 31 865 € |
| Époux / partenaire de PACS | 80 724 € | — |
| Frère / sœur | 15 932 € | — |
| Neveu / nièce | 7 967 € | + 31 865 € (si sans descendance) |
* Don familial de sommes d'argent : donateur de moins de 80 ans, bénéficiaire majeur. Au-delà des abattements, le barème est le même que pour les successions (5 % → 45 % en ligne directe).
Un couple avec deux enfants peut ainsi transmettre 527 460 € (2 × 2 × 131 865 €) tous les 15 ans, sans un euro de droits. La mécanique complète du barème est détaillée dans notre guide droits de succession.
Les quatre formes de donation, du plus simple au plus structuré
Le présent d'usage : le cadeau d'occasion (anniversaire, mariage…), proportionné à vos moyens — hors fiscalité, hors succession, aucune formalité.
Le don manuel : argent, bijoux, titres remis directement — déclaration fiscale simple (en ligne), qui date le don et fait courir les 15 ans.
La donation notariée : obligatoire pour l'immobilier, avec possibilité de réserve d'usufruit — vous donnez la nue-propriété de la maison, vous continuez d'y vivre (ou d'encaisser les loyers), et les droits ne sont calculés que sur la nue-propriété (60 % de la valeur à 65 ans, par exemple).
La donation-partage : LA formule anti-conflits — elle répartit et fige les valeurs entre tous les enfants du vivant des parents ; personne ne pourra contester des années plus tard qu'un bien donné a pris de la valeur.
Le dispositif temporaire à connaître (jusqu'à fin 2026)
La loi de finances 2025 a créé une exonération supplémentaire pour les dons d'argent destinés à l'achat d'un logement neuf (ou en l'état futur d'achèvement) ou à des travaux de rénovation énergétique de la résidence principale : jusqu'à 100 000 € par donateur (300 000 € au total par bénéficiaire), pour les dons consentis jusqu'au 31 décembre 2026, sous conditions (conservation du bien 5 ans, fonds utilisés dans les 6 mois). Si un projet immobilier existe dans la famille, c'est l'année ou jamais — vérifiez les conditions précises avec votre notaire ou sur service-public.fr avant de l'utiliser.
Les pièges à éviter
1. Donner trop, trop tôt : une donation est (sauf exceptions) irrévocable — gardez de quoi vivre ET financer une éventuelle dépendance. 2. Oublier la réserve héréditaire : vous ne pouvez pas déshériter vos enfants ; les donations excessives à un seul enfant ou à un tiers seront « réduites » à la succession. 3. Le don caché : un virement important non déclaré sera requalifié à la succession, au pire moment fiscal, avec les tensions familiales en prime. 4. Négliger le conjoint : la donation entre époux (« au dernier vivant ») élargit fortement les options du survivant — quelques centaines d'euros chez le notaire, à faire dans la plupart des couples.
Et pour que vos proches retrouvent trace de tout cela le moment venu, consignez vos donations (dates, montants, bénéficiaires) — c'est précisément l'une des sections du Classeur de Transmission.
Questions fréquentes
Pourquoi la règle des 15 ans est-elle si importante ?
Parce que les abattements se reconstituent tous les 15 ans : un parent qui donne 100 000 € à son enfant à 60 ans, puis à 75 ans, aura transmis 200 000 € sans impôt — auxquels s'ajoutera l'abattement de 100 000 € encore disponible à la succession si le second don date de plus de 15 ans. Commencer tôt multiplie littéralement ce que vous pouvez transmettre en franchise de droits.
Quelle différence entre le don d'argent de 31 865 € et l'abattement de 100 000 € ?
Ils se CUMULENT. Le don familial de sommes d'argent (article 790 G du CGI) permet de donner 31 865 € en espèces/virement/chèque, exonérés, à condition que le donateur ait moins de 80 ans et que le bénéficiaire (enfant, petit-enfant, ou neveu si pas de descendance) soit majeur. Lui aussi se renouvelle tous les 15 ans. Un parent peut donc transmettre 131 865 € par enfant tous les 15 ans, sans impôt.
Un cadeau doit-il être déclaré ?
Le « présent d'usage » — cadeau proportionné à votre train de vie, remis à une occasion (anniversaire, mariage, diplôme, Noël) — n'est ni taxable ni rapportable à la succession. Au-delà (somme importante sans occasion particulière), c'est un don manuel : à déclarer au fisc (formulaire en ligne ou 2735), ce qui fait courir le délai des 15 ans — c'est donc souvent VOTRE intérêt de déclarer.
Faut-il un notaire pour donner ?
Pour donner de l'argent ou des valeurs : non, une déclaration fiscale suffit (don manuel). Le notaire est obligatoire pour donner un bien immobilier, et vivement recommandé pour une donation-partage (qui fige les valeurs et évite les conflits entre héritiers) ou une donation avec réserve d'usufruit. Ses émoluments suivent un barème réglementé, proportionnel à la valeur donnée.
Dernière vérification : 17 juillet 2026. Ces informations sont générales et ne remplacent pas un conseil personnalisé (notaire, caisse de retraite, assureur). Sources officielles : Donations : abattements et droits (service-public.fr) · Dons familiaux de sommes d'argent (impots.gouv.fr).
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